Je peux faire croire que, lorsque je prends une photo, j'étudie et calcule tout par avance, je ne laisse rien au hasard. Ainsi, la photo se révèle telle que je la souhaitais. Ce serait mentir. A la suite de chaque prise de vue, je découvre mes photos comme autant d'objets qui ne m'appartiendraient pas : certaines me déplaisent, d'autres me surprennent et une minorité a une vague ressemblance avec l'image préexistante que j'avais dans le cerveau.

Il m'aura fallu un certain temps pour apprécier cette photo. Ce qui me plaît dans celle-ci, c'est qu'elle reflète assez bien, je trouve, le monde de l'adolescence, ce moment dans l'existence où se côtoient la fragilité, la pudeur et une révolte incertaine.